Bonapatte : donner plutôt que jeter, une logique qui tombe sous le sens
Entre mars 2022 et mars 2023, les produits pour animaux de compagnie ont bondi de 15 % en France. Les croquettes, elles, de 18 %. Dans le même temps, des milliers de sacs refusés par des animaux finissent à la poubelle. Quelqu’un a eu l’idée de mettre ces deux réalités en contact.
Les chiffres sont secs mais parlants. Selon une enquête Ifop pour Woopets, les dépenses annuelles moyennes pour un animal de compagnie atteignaient 943 euros en 2023 — 125 euros de plus qu’en 2020. Sur ce total, l’alimentation représente la part la plus visible et la plus douloureuse pour les budgets contraints. En 2024, quelque 7 % des propriétaires d’animaux envisageaient de s’en séparer pour des raisons financières, selon la même source. Les refuges de la SPA ont accueilli, de janvier à septembre 2024 seulement, près de 16 000 animaux — en grande partie des abandons liés à des difficultés économiques.
D’un côté, une précarité croissante qui touche les animaux par ricochet. De l’autre, des produits parfaitement utilisables — sacs de croquettes refusés par un chat difficile, accessoires devenus inutiles après le décès d’un animal, jouets jamais touchés — qui partent régulièrement à la poubelle. Bonapatte part de ce constat simple : les deux problèmes se résolvent mutuellement, à condition de mettre les bonnes personnes en contact.
Une plateforme, une idée directrice
Le principe de Bonapatte est d’une lisibilité totale : proposer ou récupérer gratuitement de la nourriture, des accessoires et des équipements pour animaux, via une plateforme de mise en relation locale. Aucune transaction financière. Aucun intermédiaire commercial. Ce qui devait finir à la benne devient une ressource pour quelqu’un qui en a besoin près de chez lui.

Ce modèle n’invente pas l’économie circulaire, mais il l’applique à un secteur qui en manquait. Les ressourceries, les Emmaüs, les AMAP ont montré que la mutualisation locale fonctionne. Bonapatte transpose cette logique au marché animal, qui représente en France plusieurs milliards d’euros de dépenses annuelles — et donc un gisement considérable de produits inutilisés.
Le contexte qui rend l’initiative pertinente
L’inflation du secteur animalier n’est pas un phénomène conjoncturel. Elle s’inscrit dans une tendance de fond : la hausse des coûts des matières premières, de l’énergie, du transport. Chaque tension géopolitique — qu’elle affecte les routes commerciales ou les cours des céréales — se répercute à terme sur le prix des croquettes. Les ménages les plus fragiles sont les premiers touchés.
En 2023, la France comptait environ 80 millions d’animaux de compagnie. Ce chiffre dit à quel point la question animale est une question sociale : elle concerne une part massive de la population, dans toutes les tranches de revenus. Une plateforme comme Bonapatte n’est pas anecdotique dans ce contexte — elle répond à un besoin réel, documenté, croissant.
Ce que le don dit de nous
Il serait réducteur de voir Bonapatte uniquement comme un dispositif anti-gaspillage. Ce qui se joue aussi dans chaque échange, c’est une relation entre voisins, entre personnes qui partagent la même ville, le même quartier, le même amour des animaux. Ces micro-interactions ont une valeur que les économistes ont du mal à quantifier mais que tout le monde reconnaît : le fait de se sentir utile, de ne pas jeter ce qu’on pourrait transmettre, de recevoir sans avoir à le demander formellement.
Les banques alimentaires pour animaux existent depuis 2009 en France — l’association Croc Blanc à Lyon a été pionnière, suivie par des dizaines d’initiatives locales. Bonapatte s’inscrit dans ce mouvement, en lui donnant une infrastructure numérique accessible à tous. C’est du bon sens mis en plateforme.
Une promesse simple
Donner plutôt que jeter. Partager plutôt qu’acheter. Prendre soin de son animal sans s’épuiser financièrement. Ces idées n’ont rien de révolutionnaire. Ce qui peut l’être, c’est leur mise en œuvre systématique, à l’échelle d’un territoire, via un outil que tout le monde peut utiliser.
Dans un secteur où les dépenses augmentent et où certains propriétaires font des choix impossibles, une logique de mutualisation n’est pas une réponse partielle à un problème global. C’est souvent la seule réponse concrète disponible maintenant, ici, pour quelqu’un qui ne sait plus comment nourrir son animal de compagnie ce mois-ci.
Rendez vous sur Bonapatte.com
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