Curiosités zoologiques
La faune de notre planète recèle bon nombre de créatures aux capacités et propriétés étonnantes, que ce soit sur terre, sur mer ou dans les airs. Certaines ont été mentionnées, parfois depuis des siècles, dans des textes anciens ou rapportées dans les mythes, légendes et récits des populations locales des lieux concernés. Les caractéristiques qui leur sont attribuées sont parfois si particulières qu’à plus d’une reprise, les scientifiques ont même douté de leur existence jusqu’à… leur découverte officielle.
Le hoazin
Il existe dans la forêt tropicale sud-américaine une espèce d’oiseau aux caractères particuliers, certains disent même « reptiliens ». Le hoazin (Opisthocomus hoazin), peu habile au vol, est arboricole et mesure environ 62 à 70 cm. Découvert par William Swainson, au début du XIXe siècle, il est toujours difficile de le classer définitivement, bien que plusieurs populations locales en parlent comme d’un « faisan ». Ce qui rend cet oiseau si particulier est que les juvéniles possèdent deux griffes alaires, soit une au bout de chaque aile. Ce qui leur permet de s’agripper aux branches et de grimper au tronc des arbres, au besoin. Après quelques semaines de vie, ces griffes s’atrophient et disparaissent, bien que quelques adultes les conservent parfois. Les hypothèses émises pour expliquer ce curieux élément anatomique est que, soit l’hoazin possède à l’état actif un gène antique commun à tous les oiseaux, mais inactif chez la plupart, quoique quelques autres espèces affichent une sorte de griffe similaire, ou encore soit il s’agit d’un aspect unique chez cette espèce d’oiseau, sans lien avec de lointains antécédents évolutifs. Mais il y a d’autres traits surprenants chez le hoazin ; ses yeux sont rouge écarlate et son cri ressemble à une sorte d’essoufflement ou de sifflement dit asthmatique. Sans nul doute une véritable curiosité de la nature!
Le khting vor
Le khting vor serait un buffle aux cornes torsadées d’Asie du Sud-Est, cependant, curieusement, son existence n’est toujours pas confirmée. En 1994, deux naturalistes allemands, Wolfgang Peter et Alfred Feiler découvrent des cornes en forme de lyre attribuées à cet animal légendaire et le baptisent du nom scientifique de Pseudonovibos spiralis. Son territoire de résidence se situerait à la frontière du Cambodge et du Vietnam et la légende mentionne que la poudre de ses cornes a la propriété de guérir les morsures de serpent. Mentionné entre autres en 1607, dans une encyclopédie chinoise, plusieurs autochtones locaux affirment l’avoir rencontré. Ce qui a suffi, en 1996, à convaincre l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN)à l’inscrire sur la liste des espèces menacées. En 1999, le naturaliste Arnoult Seveau découvre, avec deux de ses collègues, quatre paires de cornes vendues dans des marchés publics du Cambodge et du Vietnam, appartenant supposément au khting vor. Mais des tests ADN effectués ultérieurement révélèrent la supercherie : les cornes appartenaient à des espèces communes et avaient été travaillées pour correspondre à celles du buffle mythique. Seveau a ensuite parcouru les marchés et les forêts des régions concernées, pendant environ six mois, pour ne découvrir que des récits et des légendes, mais aucune preuve concrète de la survie ou même de l’existence du khting vor. Cependant, Robert Timm, conservateur au musée d’Histoire Naturelle de l’Université du Kansas, rapporte que l’établissement a eu en sa possession, dès 1929, les cornes de deux animaux étant supposément des khting vor et que les tests effectués à partir de 1986 sur les crânes et les cornes semblent confirmer la véracité de l’existence de cet animal. En fait, il existerait à travers le monde une vingtaine de paires de cornes torsadées qui lui sont attribuées, mais qui demandent de plus amples expertises. Il est possible que l’espèce soit aujourd’hui éteinte, mais il peut également subsister quelques spécimens en des lieux que n’atteignent encore que peu d’humains.
Le pitohui
Le pitohui est un petit oiseau habitant la jungle de Nouvelle-Guinée. C’est l’ornithologue John Philip (Jack) Dumbacher, qui l’a fait découvrir plus avant en 1989, bien que les autochtones locaux le connaissaient déjà depuis longtemps. La caractéristique la plus saisissante de ce petit oiseau au plumage attirant, orange et noir, a été expérimentée par Dumbacher lors d’un incident. Le chercheur s’était infligé quelques coupures aux mains en libérant plusieurs petits oiseaux pitohui prisonniers d’un filet. Il lécha alors ses plaies pour faire cesser le léger écoulement sanguin lorsque sa bouche commença à picoter et brûler, des effets qui durèrent pendant plusieurs heures. Il crut alors avoir été en contact avec une plante toxique quelconque, mais un doute subsistait dans son esprit. Il revint donc sur les lieux, l’année suivante, pour étudier plus à fond le petit oiseau et découvrit alors avoir affaire à l’étrange caractéristique de celui-ci : il est venimeux. En effet, le plumage et la peau du pitohui émettent de l’homobatrachotoxine, soit un poison toxique qui peut provoquer l’engourdissement, la paralysie et même la mort. Qui aurait pu croire que ce joli petit oiseau avait développé un tel mécanisme de défense!
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