Chargement en cours

Le premier label dédié à l’éthique animale arrive en France

Le premier label dédié à l’éthique animale arrive en France

Et si, au lieu de faire souffrir chaque jour des millions d’animaux d’élevage et de dévaster les habitats des animaux sauvages, notre économie leur devenait favorable ? Et si nous entrions dans l’ère de la zooéconomie, où les entreprises ne se servent plus des animaux comme des ingrédients à utiliser, mais qu’elles les considèrent comme des « habitants » à respecter ?

C’est le pari du premier label d’éthique animale, pionnier dans son domaine, qui verra le jour en 2026. À l’initiative de ce projet, deux entrepreneuses spécialistes de la question animale en entreprise – Anne-Laure Meynckens et Charlotte Arnal – qui croient en la nécessité de repenser la relation entre les autres animaux et nous.

Toutes deux engagées pour faire avancer la condition animale, elles se rencontrent pour la première fois en 2019 et deviennent amies. En 2024, elles imaginent l’agence Symbiocène, première agence en France dédiée à l’éthique animale en entreprise. Leur mission : accompagner de nouvelles manières d’entreprendre, respectueuses de toutes les vies animales.

Les animaux, invisibles dans l’entreprise, mais pourtant au cœur de toute activité économique

Pour Charlotte Arnal : « l’entreprise est au centre de nos vies. Nous y travaillons, nous y mangeons, nous y construisons des relations. Tous les jours, nous utilisons des produits et des services imaginés et distribués par elles. Et derrière chacun de ces produits ou services, se trouvent des animaux. »

Plumes, poils, chair, corne, peau, laine, lait…avec environ un milliard d’animaux sensibles abattus chaque année en France et plus de 4 millions d’animaux élevés ou utilisés pour l’expérimentation, la présence animale irrigue silencieusement l’économie.

De votre mobilier à vos vêtements, en passant par vos cosmétiques et vos médicaments ; de vos produits d’entretien à vos fournitures en passant par votre alimentation, les produits animaux sont partout. Pourtant, la question animale reste la grande absente des préoccupations éthiques.

La notion de bien-être animal, un concept séduisant mais largement insuffisant pour répondre aux défis de l’éthique animale

Et bien-être animal ? N’est-ce pas un progrès dans la prise en compte de la souffrance animale ? Selon ces entrepreneuses, c’est une avancée toute relative. « C’est une notion utilisée par les secteurs où la souffrance animale est la plus grande. Elle est souvent concomitante à l’exploitation et à l’abattage d’animaux à grande échelle, dont elle favorise – dans une certaine mesure – l’acceptabilité », précise Anne-Laure Meynckens.

Pour les fondatrices, c’est aussi une notion qui laisse de côté de nombreux autres animaux au premier rang desquels les animaux sauvages : savez-vous que toute activité humaine repose sur les animaux dits sauvages et les insectes ? Savez-vous par exemple que sans abeilles, sans papillons et sans vers de terre, notre humanité disparaîtrait ?

Et que dire des animaux dits « de compagnie » qui nous attendent sagement (ou pas !) à la maison lorsque nous travaillons ? L’entreprise peut-elle nous aider à mieux les aimer ? Pourraient-elles instaurer un congé lorsque nous les adoptons, qu’ils sont malades ou qu’ils meurent ? Et si nous pouvions les amener avec nous sur notre lieu de travail ?

La zooinclusivité, l’avenir de l’entreprise « responsable » ?

Autant de pistes pour aider l’entreprise à devenir « zooinclusive », un concept développé par l’universitaire Émilie Dardenne, qu’elle définit ainsi : « La zooinclusivité invite à considérer les autres animaux, dans tous les sens du terme : d’une part, les regarder avec attention, les observer et les prendre en compte, d’autre part les respecter et les avoir en estime. Elle part du principe que la condition animale, notamment celle qui se déploie sous la tutelle humaine, est largement améliorable. Elle s’appuie sur la notion de « vivre-ensemble », sur la volonté de construire un avenir commun. Elle porte sur la façon dont on pense les animaux et dont on parle d’eux, dont on les intègre dans notre vie quotidienne, sur la création de chartes, de procédures, sur la façon de penser le développement urbain, de s’alimenter individuellement ou collectivement, d’envisager le droit, en étant attentif ou attentive aux autres espèces animales, à la variété des environnements, des situations, des relations entretenues et des contextes. » (Lire l’ouvrage d’Émilie Dardenne : Considérer les animaux. Une approche zooinclusive, Paris, Puf, 2023).

Un label en cours d’expérimentation

Le label « éthique animale » repose sur une méthodologie unique en France et s’appuie sur un référentiel structuré autour de 7 grandes thématiques (catégories animales) et 7 sous-domaines (fonctions clés de l’entreprise).

infographies-symbiocene_PART1_V2-15-1024x1024 Le premier label dédié à l’éthique animale arrive en France

Les bénéfices pour les entreprises sont multiples : anticipation des contraintes réglementaires, réduction de la dépendance des activités aux animaux, valorisation des engagements éthiques, renforcement de la confiance vis-à-vis des parties prenantes.
Depuis le mois de novembre, le label est mis en expérimentation. Les entreprises qui
souhaitent le tester en avant-première sont invitées à se faire connaître. Les candidatures
sont ouvertes jusqu’au 31 décembre 2025.

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter le site de l’agence : https://www.agence symbiocene.com/label-etique-animale/


Partager cet article :

Laisser un commentaire