Les champignons thérapeutiques: des vertus insoupçonnées pour les animaux
L’utilisation thérapeutique des champignons remonte à des millénaires en Asie. La mycothérapie animale est aujourd’hui une pratique naturelle en plein essor qui accompagne en douceur l’équilibre des animaux. Découvrez ses bienfaits prometteurs.
Les origines de la mycothérapie
Le règne fongique est apparu sur Terre il y a environ 800 millions d’années et s’est différencié du règle végétal il y a 460 millions d’années. Forme d’intelligence primitive, les champignons sont essentiels à l’équilibre de l’écosystème tout entier. On recense à ce jour pas moins de 100 000 espèces différentes. Malgré leurs caractéristiques hybrides, il s’avère que leur ADN reste plus proche de celui des animaux que celui des végétaux, ce qui explique leur énorme potentiel thérapeutique.
Même si les champignons sont au coeur des pharmacopées traditionnelles chinoise et ayurvédique depuis plus de 2500 ans, ce n’est qu’au XXe siècle qu’ils percent en Occident, grâce à leur remarquable entrée dans les sciences et la médecine moderne. Les premières études ont permis d’explorer les propriétés médicinales des champignons, d’identifier leurs composés bio-actifs puis de révéler leur proximité génétique et biologique. À juste titre, on leur reconnaît trois grandes révolutions médicales: le développement des antibiotiques (Pénicilline), le succès des greffes d’organes (Ciclosporine) et la fabrication des Statines.
On appelle aujourd’hui mycothérapie l’utilisation des champignons médicinaux (entier, extrait ou mycélium) pour accompagner la santé, la vitalité et l’équilibre physiologique sur la durée, toujours en complément de la médecine conventionnelle. C’est une approche douce, naturelle et respectueuse du vivant qui s’ajuste aux besoins de chaque être et se veut raisonnée. Des recherches continuessont menées afin d’en approfondir les effets.

Les propriétés biologiques et mécanismes d’action des champignons
Les champignons thérapeutiques tirent leurs propriétés de plusieurs familles de molécules: les enzymes (anti-oxydants), les métabolites secondaires (antibiobiotiques, vitamines, omégas, stérols, triterpènes, lactones, alcaloïdes, chélateurs etc) et les polysaccharides (Bêta-glucanes 1-3/1-6).
Leur action globale est dite systémique car ils agissent en profondeur sur tous les grands systèmes physiologiques et sont modificateurs de la réponse biologique au niveau de l’organisme: ils vont en transformer les réactions. On leur reconnaît entre autres leur activité immunomodulante et adaptogène.
Ils apportent ainsi de nombreux bénéfices en agissant sur :
- L’immunité (réguler, stimuler ou modérer)
- L’inflammation (réguler, contrôler)
- La détoxication (renforcer, soutenir, améliorer)
- La cognition (soutenir, améliorer, renforcer)
- Le système cardio-vasculaire (soutenir, moduler, améliorer)
- L’équilibre de toutes les flores de l’organisme, de l’homéostasie
La mycothérapie peut alors être utilisée en prévention et accompagner dans bien des cas: pathologies et inflammations chroniques, infections, cancers, allergies, anxiété, stress oxydatif, fatigue chronique, troubles immunitaires, troubles cognitifs, épilepsie, troubles du sommeil, troubles cardio-vasculaires, dysbioses, ulcères, indigestions, réponse métabolique, adaptation à l’effort, convalescence etc.
L’application aux animaux
La mycothérapie animale se déploie progressivement depuis une dizaine d’années maintenant. Et cela grâce à la progression des études scientifiques, l’ouverture d’esprit des professionnels du secteur animalier, leurs retours positifs mais aussi les attentes toujours plus nombreuses de propriétaires en quête de solutions naturelles pour leurs animaux.
C’est une alternative considérée comme prometteuse, scientifiquement établie et capable de s’intégrer à merveille à la médecine vétérinaire: elle vient prévenir les déséquilibres physiologiques et compléter l’utilisation des traitements conventionnels. Sur le terrain, les champignons thérapeutiques permettent d’accompagner les animaux sensibles, âgés, atteints de pathologies aiguës comme chroniques: soutien de l’immunité, gain de vitalité, modulation de l’inflammation, bienfaits digestifs, réduction du stress, optimisation de la convalescence et récupération physique (notamment dans le milieu sportif).
En pratique, il faudra opter pour une approche à la fois individuelle et progressive pour s’adapter au métabolisme et à la sensibilité de chaque animal. L’utilisation se fait sur le long terme pour un effet durable, tout en veillant à optimiser l’hygiène de vie. L’application est connue chez les chiens, les chats et les chevaux, selon leurs spécificités et besoins respectifs. Même si les protocoles varient inéluctablement selon les espèces (enzymes de détoxication, seuils de tolérance etc), l’objectif, la qualité et la forme des produits utilisés; les propriétés et mécanismes d’action des champignons restent les mêmes. L’astuce consiste à les mélanger entre eux afin de créer une vraie synergie et en renforcer les effets.
La forme liquide en version hydro-glycérinée (sans alcool) est plus adaptée aux animaux pour en faciliter l’administration et l’ajustement au quotidien. Mais avant tout, comme sa conception nécessite une double extraction obligatoire, elle garantira une meilleure qualité et biodisponibilité. Certaines formules ont d’ailleurs été spécialement formulées pour les animaux. De préférence, choisissez des producteurs français ou européens travaillant en Agriculture Biologique et mentionnant la concentration des composants bio-actifs (surtout les Bêta-glucanes 1-3/1-6).

Les champignons populaires en mycothérapie
La Coriolus versicolor (Queue de dinde) est certainement l’un des champignons les plus étudiés en immunologie. Il interagit de manière subtile et progressive avec le système immunitaire, en augmentant ou modulant l’intensité globale de la réponse immunitaire, lorsque le terrain est affaibli ou déséquilibré. Ce champignon antioxydant est actuellement réservé aux animaux (statut réglementaire Novel Food) et indiqué essentiellement lors de cancers (peau, poumons, mamelles, ovaires, prostate, rate, pancréas, côlon) et de maladies virales (PIF, FIV, FELV, Toux de Chenil, Herpès virose).
Le Ganoderma lucidum (Reishi) est l’un des champignons les plus populaires en Asie, surnommé le champignon de l’immortalité. Son action est immunomodulante, antioxydante et anti-inflammatoire, le but étant de maintenir une immunité efficace et d’éviter la chronicité des pathologies. Très utilisé dans les maladies auto-immunes, il est également cardio et neuroprotecteur.
L’Hericium erinaceus (Crinière de lion) est un neuroprotecteur par excellence: il va réduire l’inflammation et l’oxydation neuronale par soutien de la neuroplasticité. Il sera particulièrement adapté au stress chronique et aux maladies neurodégénératives. En ciblant l’axe cerveau-intestins, il saura également réguler les indigestions, les dysbioses, les ulcères et les cancers gastro-intestinaux. En bonus, il est antiparasitaire !
Le Cordyceps sinensis est réputé pour son effet stimulant du métabolisme énergétique. Il sera un précieux soutien en cas de fatigue mentale, physique, sur le squelette, les muscles et les articulations. Hépatoprotecteur, il aide également en cas de pathologies respiratoires et urogénitales. C’est l’allié des sportifs !
Les Grifola frondosa (Maitake) et Lentinula edodes (Shiitake) sont connus pour soutenir le foie et le métabolisme dans leur intégralité. En modulant la glycémie, les triglycérides et le cholestérol, ils aideront en cas de syndrome métabolique. Excellents stimulants du système immunitaire, ils sont très intéressants contre les maladies virales et bactériennes vectorielles (transmises par un hôte) mais également en oncologie pour accompagner les organismes affaiblis.
Le Pleurotus eryngii (Pleurote) est un grand protecteur du système cardio-vasculaire. Son action est complète: limitation de l’inflammation vasculaire, de l’athérosclérose, modulation de la fluidité et de la pression sanguine, soutien hépatique et biliaire. Il sera parfaitement adapté au syndrome métabolique et au diabète de type 2, d’autant que son effet prébiotique est bénéfique pour favoriser la digestion, équilibrer la flore et soutenir l’immunité intestinale.
Les champignons utilisés en mycothérapie animale sont d’une richesse incomparable. L’appui scientifique de leurs multiples bienfaits en font de véritables alliés pour soutenir la santé des animaux. Ils apportent une modulation douce et continue qui s’adapte parfaitement aux besoins et à la situation de chaque animal, en prévention comme en accompagnement d’un traitement conventionnel.
Pour rappel et en cas de doute: un avis vétérinaire est toujours nécessaire. Garant de la santé animale, il est le seul habilité à poser un diagnostic et auquel se référer pour l’administration d’un traitement comme d’un complément alimentaire. Car la mycothérapie animale n’est pas un substitut « miracle » et nécessite un suivi rigoureux.
Sources et légendes des photos :
Sources: Dr Marti, Dr Durand (vétérinaires naturopathes), Paul de Vulpain (producteur de champignons bio et français à Villa Hélène)
Légendes des photos: Prise sous forme liquide, Recherche scientifique continue, Coriolus versicolor, Ganoderma lucidum
Partager cet article :




Laisser un commentaire