PECCRAM : prévenir les morsures et mieux comprendre les chiens dès l’enfance
Chaque année en France, environ 22 000 personnes sont blessées par morsure de chien, faisant de cet accident la 3ᵉ cause d’accident domestique. Pourtant, la grande majorité de ces situations pourraient être évitées grâce à une meilleure compréhension du langage canin. C’est précisément l’objectif du PECCRAM, un programme éducatif innovant qui apprend dès le plus jeune âge – et parfois aussi aux adultes – à interagir avec les chiens de manière respectueuse et sécurisée
Les morsures, un problème sous-estimé
Les morsures de chiens ne relèvent pas seulement d’incidents isolés : elles constituent un véritable enjeu de société. Sur le plan économique, elles représentent la 3ᵉ cause d’accident domestique en France, avec près de 22 000 cas par an, mobilisant les services d’urgence et engendrant un coût important pour la collectivité.
Le problème est aussi moral, puisque 60 % des morsures concernent le visage, entraînant des séquelles physiques parfois irréversibles et des traumatismes psychologiques durables. Ces atteintes vont à l’encontre du respect des droits de l’enfant, tel que défini par la Convention internationale de 1989.
Enfin, l’enjeu est également social : les blessures et les peurs qu’elles génèrent détériorent la relation homme-chien et mènent, dans certains cas, à l’euthanasie injustifiée de l’animal.
Les chiffres sont parlants : les enfants de moins de 10 ans sont les plus exposés, et chez les 5–9 ans, près d’une morsure sur deux touche le crâne ou le visage. Un constat alarmant qui souligne l’urgence d’agir en amont, par la prévention et l’éducation.
Qu’est-ce que le PECCRAM ?
Le Programme d’Éducation à la Connaissance du Chien et au Risque d’Accident par Morsures (PECCRAM) s’inspire de plusieurs initiatives internationales nées dans les années 1990, comme Prevent A Bite en Grande-Bretagne, BARK aux États-Unis ou encore Dogs’n’kids en Australie. Ces programmes ont démontré l’efficacité d’une sensibilisation précoce au langage canin pour réduire les accidents.
En France, le PECCRAM a été adapté et structuré, afin de répondre aux besoins spécifiques de notre société, par Chantal Hazard. Il est aujourd’hui, et depuis 2016, reconnu et enseigné par des professionnels formés à la fois en éducation canine et en pédagogie.
Son objectif principal est clair : apprendre aux enfants – et parfois aussi aux adultes – à comprendre les signaux des chiens, à adopter les bons comportements et à prévenir ainsi les accidents. En donnant des clés simples et accessibles, le PECCRAM contribue à une cohabitation plus sereine et respectueuse entre humains et chiens.

Pour qui, où et quand ?
Le PECCRAM s’adresse en priorité aux enfants de 4 à 10 ans, c’est-à-dire de la moyenne section de maternelle jusqu’à la fin de l’école primaire. Cette tranche d’âge est la plus vulnérable : les plus jeunes n’ont pas encore les capacités cognitives pour interpréter correctement les signaux d’un chien, tandis que les plus grands restent particulièrement exposés aux accidents.
Les interventions se déroulent dans différents contextes éducatifs et de loisirs : au sein des écoles, pendant le temps scolaire, lors des activités périscolaires ou encore dans les centres de loisirs, que ce soit le mercredi ou durant les vacances.
Commencer tôt est essentiel, mais il est tout aussi important de renforcer ces apprentissages tout au long du primaire. C’est en répétant et en adaptant les messages selon l’âge que les enfants intègrent durablement les bons réflexes et développent une relation plus respectueuse et sécurisée avec les chiens.
Comment se déroule le programme ?
Le PECCRAM est animé par des éducateurs et professionnels certifiés, spécialement formés à la fois aux connaissances scientifiques sur le comportement canin et aux méthodes pédagogiques adaptées aux enfants.
Les interventions s’appuient sur un kit pédagogique complet : planches iconographiques pour illustrer les situations du quotidien, livrets à destination des enfants, petits jeux de rôle avec du matériel ludique, vidéos courtes et accessibles, ou encore chansons mémorisables. Chaque support est conçu pour capter l’attention et favoriser la compréhension.
L’apprentissage se fait de manière ludique et interactive. Les enfants découvrent par exemple comment reconnaître un chien stressé, comment l’approcher sans danger, ou encore quels gestes adopter face à une situation imprévue. Ces mises en situation concrètes leur permettent d’intégrer les bons réflexes tout en développant empathie et respect envers l’animal.
Des bénéfices pour tous
Le PECCRAM apporte des bénéfices concrets à plusieurs niveaux. Pour les enfants, il garantit une meilleure sécurité en leur donnant les bons réflexes face aux chiens. Mais il leur offre aussi un climat de confiance et les sensibilise au respect de l’animal, favorisant ainsi des relations plus équilibrées.
Pour les chiens, le programme est tout aussi précieux. En réduisant les situations de mauvaise compréhension, il limite leur stress et les comportements défensifs. Surtout, il contribue à prévenir les abandons ou les euthanasies injustes qui surviennent trop souvent après une morsure évitable.
Le PECCRAM ne bénéficie pas seulement aux chien, aux enfants et aux familles : il profite également aux collectivités. Une école qui met en place ce type de programme valorise sa démarche éducative et renforce le lien avec les parents. Les municipalités y trouvent un levier de prévention efficace, réduisant les risques d’accidents domestiques et de litiges liés aux chiens dans l’espace public.
Enfin, ce type d’initiative participe à un mouvement plus large de sensibilisation au bien-être animal, où chacun devient acteur d’une cohabitation harmonieuse entre l’homme et le chien.
La société dans son ensemble bénéficie de cette démarche. En réduisant le nombre d’accidents, le PECCRAM facilite la cohabitation homme-chien, apaise les tensions et encourage une vision plus positive de nos compagnons dans l’espace public.
Le PECCRAM est bien plus qu’une formation : c’est une démarche citoyenne qui protège à la fois les enfants et les chiens. En apprenant dès le plus jeune âge à reconnaître les signaux canins et à adopter les bons comportements, on réduit considérablement le risque d’accidents. Si chaque école et chaque collectivité s’emparaient de ce programme, la société progresserait vers une cohabitation plus respectueuse et sécurisée.
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