D’un coup de foudre canin à un combat de vie : mon parcours pour la protection animale
Passionnée par les animaux depuis mon plus jeune âge j’ai apporté ma contribution dans le monde associatif de la protection animale à travers des actions physiques de terrain mais également à travers les réseaux sociaux.
Investissement, implication, volonté, créativité et organisation étant des éléments primordiaux pour faire avancer ce combat j’ai mis en œuvre, à ma petite échelle et toujours accompagnée par des équipes de soutien, des actions pour gérer de nombreux abandons, cas de maltraitance et replacements même avec des chiens dits « difficiles ».
Le commencement, mon histoire :
Mon amour pour les animaux et le vivant en général a toujours été omniprésent aussi loin que je me souvienne. J’ai été entourée par de nombreux animaux de toute sorte (chiens, chats, NAC, animaux de ferme etc) et j’ai toujours été épanouie à leur contact. Mais je crois que le déclic s’est fait réellement à l’âge de huit ou neuf ans. Dès lors que j’ai croisé un chien qui a attiré particulièrement mon attention, il était magnifique et captivant par sa simple façon d’exister. Une robe magnifique rousse et blanche avec la queue en panache et une prestance qu’aucun autre ne pouvait égaler à mes yeux. Déjà enfant j’étais ouverte au monde et n’ai pas hésité à aller à la rencontre de son gardien (oui j’affectionne plus ce terme à celui de « maître » ou « propriétaire »). Nous avons échangé quelques banalités avant que je le questionne sur son chien. La race : Akita Inu.
Il m’a gentiment autorisé à m’approcher de son chien qui m’a regardé très tendrement, s’est approché de moi et quelque chose de magique s’est passé : le coup de foudre.
C’était tellement fort qu’il m’est difficile de l’expliquer. Mais ça a changé ma vie. Depuis ce jour c’était clair pour moi. Ce chien serait celui avec lequel je me sentirais heureuse. Aujourd’hui à 34 ans je partage ma vie avec Yùki mon Akita et je confirme qu’avoir la chance de vivre une telle relation avec un chien si « complexe », d’après ce qu’on retrouve dans les livres, les articles et les idées reçues, c’est incroyable. Il est vrai que l’Akita n’est pas un chien comme les autres, chaque race a ses particularités mais surtout chaque chien est différent.

Yùki est l’une des plus belles choses qui me soit arrivée. Nous sommes fusionnelles, cette relation est basée sur la confiance mutuelle, l’amour et le don de soi à l’autre. Il n’est pas juste un chien avec lequel je partage un quotidien. Je le vois comme mon ami, mon bébé, mon double canin mais surtout je le vois comme mon égal. Nous vivons vraiment en harmonie. Nous traversons les rayons de soleil comme les nuages même quand il arrive une tempête, toujours soudés. Il a été présent dans des moments extrêmement difficiles de ma vie comme le deuil de ma maman et d’une de mes meilleures amies. Mon chagrin, aussi profond soit-il, a été plus apaisé grâce à lui. Je lui en suis extrêmement reconnaissante car il n’a rien eu besoin de faire d’autre qu’être lui-même.
L’aventure :
Quand on partage son quotidien avec un animal on se rend compte de la charge que cela représente aussi, financièrement, émotionnellement, physiquement et cela représente une énergie très importante. Beaucoup baissent les bras face à la difficulté c’est pour cela qu’il m’était impensable de ne rien faire.
J’ai donc commencé à m’impliquer un peu en électron libre en donnant des coups de main là où il y avait besoin. Collecte alimentaire, recherche de famille d’accueil, salon et forum du bien être animal, sensibilisation auprès du public, vérification des profils d’adoptants, des futurs foyers potentiels etc. Pour moi c’était également se servir de ses connaissances pour alerter le public, taper du poing sur la table pour faire bouger les lois et la politique que ce soit dans des manifestations ou dans la communication. A mes yeux ce n’était pas suffisant, j’ai donc choisi d’être plus encore plus active.
Avec Yùki nous sommes inscrits dans des groupes FB qui regroupent toute une communauté de passionnés d’Akita, balade en groupe, échanges, conseils, écoute, soutien. Bien évidemment ce n’est pas toujours simple les groupes de ce type car chacun y va de son pronostic jusqu’à poser des jugements alors que ce n’est clairement pas l’objectif. Mais pour ma part toutes les rencontres que j’y ai faites étaient un cadeau et les communautés sont majoritairement bienveillantes. Si ce n’est pas le cas il faut en sortir.
L’association :
A travers l’un de ces groupes nous avions créé notre propre association à l’initiative des administrateurs, nous souhaitions nous spécialiser sur la race de l’Akita qui souffre depuis plusieurs années de préjugés, de manque de connaissances et aussi d’informations faussées par la société. Bien que nous possédions cette particularité avec l’Akita, nous prenions en charge n’importe quel type d’animal, chien, chat ou NAC. Nous ne faisions pas de différence. De par mes précédentes expériences dans le milieu, on m’a proposé la gestion et la responsabilité du sauvetage, c’est à dire aller sur place pour récupérer l’animal, lui trouver un foyer temporaire et/ou définitif, accompagner les gens dans toutes les démarches, intervenir sur les fourrières également et parfois sur des urgences où il faut redoubler d’efforts pour trouver des solutions. Je n’étais pas seule, nous avions une équipe très investie du terrain à l’administratif.
Nous avons permis, avec nos connaissances de la race, d’accompagner les gens dans les adoptions ou les replacements de ces chiens primitifs. Nous avons agi dans toute la France jusqu’à nous être déplacées un peu partout en voiture, par le train et même l’avion. Malheureusement par manque de moyens financiers et de famille d’accueil nous avons dû arrêter notre activité comme bon nombre de refuges et associations. C’est extrêmement difficile pour les petites structures de cet ordre de survivre, aucune subvention de l’État ni de dons massifs comme peuvent obtenir les plus grandes fondations. Nous ne vivons que de nos propres réserves.
L’accomplissement :
Ce fut une expérience exceptionnelle et enrichissante qui nous apprend aussi sur nous-même ou sur les autres.
Le plus beau reste la joie éprouvée lorsqu’on intervient pour récupérer un animal et réussir à le faire adopter, il y a quelque chose de magnifique dans leur regard. Ils sont plein de noblesse même à travers la souffrance et sont très reconnaissants. Les animaux sont capables d’une résilience extraordinaire.
Les projets :
Aujourd’hui je continue de m’investir comme je le peux je suis redevenue un électron libre, j’ai pour objectif de me lancer dans un projet associatif humanitaire à l’étranger. Je suis une grande passionnée créative qui fait aussi de la confection de bijoux personnalisables et mon souhait, à long terme, serait de pouvoir développer mon activité, pourquoi pas, fonder une micro entreprise afin de pouvoir reverser un pourcentage aux associations de la PA dans le besoin.

Ce qu’il faut retenir de ce petit bout d’expérience à mon sens c’est que s’impliquer dans la protection animale ce n’est pas simplement s’occuper d’animaux en souffrance, c’est également en grande partie être dans l’humain, il est essentiel d’être à l’écoute des personnes qui peuvent nous solliciter que ce soit pour céder un animal (aussi contrariant soit-il) que dans l’écoute des adoptants. C’est également s’acclimater aux personnes avec qui nous sommes amenées à travailler, il y a des gens qui ne sont pas forcément dans ce combat pour les bonnes raisons et peuvent causer plus de tort que de bien. Il faut être honnête c’est un milieu très dur. J’encourage malgré tout chaque personne qui souhaite se lancer à sa façon parce que la passion et l’amour des animaux est plus fort que ces difficultés il faut savoir s’entourer des bonnes personnes mais il faut aussi savoir se préserver pour ne pas être complètement à plat. Un humain bien dans sa tête est un humain plus apte à agir. Prendre soin de soi c’est aussi prendre soin des autres.
Pour ma part je suis une petite goutte d’eau dans l’océan mais j’essaye de m’impliquer même par des petites actions. La bienveillance, l’écoute et l’empathie sont non négociables pour créer une vraie chaîne de solidarité, quel que soit la cause que l’on défend.
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