Quand l’activisme bouscule les traditions : Jeremstar, la corrida et les luttes contre le spectacle taurin
La nuit du 19 septembre 2025, un geste a provoqué choc et débats dans les arènes de Nîmes : un influenceur, déjà connu pour ses prises de position médiatiques, est descendu des gradins en pleine corrida, brandissant une pancarte où étaient écrits « F*CK la CORRIDA ». Accompagné de deux activistes de l’association PETA France, il a été rapidement maîtrisé et placé en garde à vue.
Son message : la corrida n’est pas un simple divertissement, mais une forme de torture animale qu’il juge indéfendable, même en 2025. Il affirme que cette tradition, portant atteinte à la dignité animale, doit être abolie. Ce type d’action « coup de poing » s’inscrit dans un mouvement plus large qui met en lumière non seulement la souffrance des animaux, mais aussi la légalité et l’éthique entourant la corrida.
Quelle réponse juridique en France ? Entre exceptions légales et propositions inabouties
La corrida n’est pas interdite partout : le droit français prévoit une dérogation permettant la mise à mort de taureaux dans certaines communes du sud de la France, à condition qu’une « tradition locale ininterrompue » puisse être invoquée. Cette exception, inscrite dans l’article 521-1 du Code pénal, est l’un des principaux obstacles aux tentatives de suppression de la corrida.
En novembre 2024, une proposition de loi visant à interdire l’accès des spectacles taurins aux mineurs de moins de 16 ans, portée par des sénateurs, a été débattue mais finalement rejetée. Les arguments des opposants rappellent souvent la préservation des traditions, le rôle touristique et culturel, ou encore le respect des libertés locales.
Malgré cela, la volonté populaire tend à évoluer : 75 % des Français se déclarent aujourd’hui favorables à l’interdiction de la corrida. Plusieurs associations actives, comme One Voice, la Fondation Brigitte Bardot, CRAC Europe, ou Alliance Anticorrida, multiplient pétitions, plaintes, campagnes d’information et actions légales pour faire bouger les lignes.
L’action visible de Jeremstar : un acte symbolique au cœur du débat
L’intervention de l’influenceur n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une stratégie souvent utilisée par les militants : provoquer l’inattendu pour réveiller la conscience publique. Voici ce qu’elle met en lumière :
- Visibilité médiatique : le geste, filmé et partagé, dynamise le débat au-delà des cercles militants.
- Questionnement éthique : il force à interroger ce que la société considère comme acceptable sous couvert de tradition.
- Pression sur les pouvoirs publics : de telles actions rappellent que les lois ne sont pas figées, surtout quand l’opinion publique évolue.

Cependant, ces actions peuvent avoir un coût personnel et légal pour ceux qui les mènent, comme on le voit avec la garde à vue. Elles soulignent aussi les limites actuelles : la dérogation légale, le peu de réactions politiques concrètes, et l’absence d’un consensus fort sur l’interdiction totale.
Combat social : où en est-on aujourd’hui ?
Voici quelques batailles récentes ou en cours autour de la corrida :
- Tentative de loi pour protéger les mineurs : plusieurs propositions visant à interdire l’accès des corridas aux mineurs de moins de 16 ans ont été proposées, mais aucune n’a été adoptée jusqu’à présent.
- Mobilisation des associations : One Voice réclame l’abrogation de l’exception au Code pénal, Alliance Anticorrida a obtenu le contrôle des subventions municipales pour la corrida dans certaines régions, la Fondation Brigitte Bardot continue ses campagnes de sensibilisation.
- Opinions publiques : sondages récents montrent une majorité forte des Français prête à soutenir des mesures plus strictes, voire l’interdiction pure et simple.
Réflexion finale : traditions, émotions et choix de société
La corrida provoque des émotions contrastées : pour certains, elle incarne une tradition culturelle, un rituel identitaire ; pour d’autres, elle représente une souffrance inutile et archaïque. L’affaire récente avec l’influenceur ne change pas seulement les mots, mais fait bouger les lignes du débat public.
Ce qui ressort, c’est que la société française se trouve à un moment charnière : accepter de remettre en question ce qui a toujours été considéré comme une évidence. Entre le respect des traditions, la protection des enfants, le bien-être animal et l’évolution des valeurs. La question n’est pas seulement légale mais profondément morale et sociale.
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