Chargement en cours

Refuges : quand le manque de formation met en danger le personnel et les animaux

Refuges : quand le manque de formation met en danger le personnel et les animaux

Les refuges sont souvent perçus comme des lieux de protection et de seconde chance pour les animaux abandonnés. Pourtant, derrière cette image positive se cache une réalité plus préoccupante : la formation insuffisante du personnel et des bénévoles. Ce déficit de compétences entraîne non seulement des difficultés dans la gestion quotidienne des animaux, mais aussi des accidents de morsure qui pourraient être évités.

Des animaux fragilisés, des comportements imprévisibles

Un refuge accueille principalement des animaux issus d’abandons, de maltraitance ou de saisies judiciaires. Ces chiens et chats arrivent souvent marqués par leur histoire :

  • traumatismes passés,
  • manque de socialisation,
  • peurs ou agressivité liées à l’abandon,
  • problèmes médicaux non traités.

Un tel contexte nécessite des compétences spécifiques pour comprendre et anticiper les réactions animales. Or, dans de nombreux refuges, le personnel permanent comme les bénévoles n’ont reçu que peu, voire pas, de formation spécialisée en comportement animal.

Des accidents trop fréquents

Le résultat est sans appel : les accidents de morsure sont fréquents, parfois graves.

Un geste maladroit, une approche trop directe d’un chien craintif, une mauvaise lecture des signaux d’apaisement… et l’incident survient.

Les statistiques officielles manquent, mais de nombreux témoignages rapportent que ces blessures concernent autant le personnel salarié que les bénévoles, souvent jeunes et très motivés, mais insuffisamment formés. Ces accidents, au-delà des conséquences physiques, ont aussi un impact psychologique : peur d’approcher certains chiens, perte de confiance, voire abandon de l’engagement bénévole.

Un cercle vicieux pour les animaux

Ce manque de formation ne met pas seulement en danger les humains : il pénalise également les animaux. Un chien mal compris ou mal manipulé est plus stressé, donc plus susceptible de développer des comportements agressifs ou de repli.

Au final, ces comportements sont parfois jugés “ingérables” et peuvent conduire à une décision d’euthanasie, alors qu’une meilleure approche aurait permis de réhabiliter l’animal.

Pourquoi une telle lacune ?

Plusieurs raisons expliquent cette situation :

Des budgets limités : les refuges fonctionnent principalement grâce aux dons et subventions, souvent insuffisants pour financer des formations continues.

Un fort turnover : beaucoup de bénévoles s’impliquent ponctuellement, ce qui rend difficile un investissement en formation longue.

Une méconnaissance du besoin : la priorité est donnée à l’hébergement et aux soins vétérinaires, reléguant la formation comportementale au second plan.

Des pistes d’amélioration

Pourtant, des solutions existent :

Former systématiquement les nouveaux bénévoles à la lecture des signaux canins et félins.

Mettre en place des protocoles clairs (approche d’un animal stressé, manipulation sécurisée, enrichissement du milieu).

Faire intervenir des éducateurs comportementalistes pour encadrer et transmettre des savoir-faire adaptés.

Valoriser les bénévoles formés en leur donnant un rôle de référents pour accompagner les nouveaux arrivants.

Le refuge doit être un lieu de protection, pas de danger. Or, tant que la formation au comportement animal restera insuffisante, les risques d’accidents persisteront, avec des conséquences parfois dramatiques pour les humains comme pour les chiens. Investir dans la formation, c’est donc non seulement protéger les équipes, mais aussi donner aux animaux toutes leurs chances de retrouver une vie équilibrée dans une nouvelle famille.


Partager cet article :

3 comments

comments user
Stéphanie L

Merci beaucoup pour cet article très intéressant et pertinent sur le manque de formation dans les refuges. C’est un vrai sujet qui pourrait éviter des drames

Laisser un commentaire